La coccinelle qui aimait les tournesols

Il était une fois, en pays gersois, un petit insecte vermillon qui portait sur ailes quelques taches circulaires : c’était une coccinelle. La bête à bon dieu avait aussi un prénom, on l’appelait Annabelle. Si je vous en parle, c’est qu’elle n’était pas comme les autres insectes de son genre. Non, Annabelle était bien plus qu’une coccinelle, c’était une aventurière amoureuse des tournesols.

SYL_6600

Elle volait de champ en champ pour se blottir au creux de ces grandes et belles fleurs solaires. Chaque nuit, elle changeait de fleu., "pour varier les plaisir", rétorquait-elle à ceux qui se moquaient de ces incessants déménagements. Histoire de s’offrir chaque matin un nouveau panorama et chaque soir, un nouveau coucher de soleil. Elle se lavait dans la rosée matinale, laissait le soleil la sécher un peu puis repartait vers d’autres horizons.

DSC_5542

DSC_5554

DSC_5560

SYL_5684

C’est au milieu d’un mois de juillet qu’elle a eu son coup de foudre. Elle volait tranquillement, à la recherche de quelques pucerons à se mettre sous la dent, quand soudain, elle fut saisie par la beauté des vagues de jaune qui s’étalaient en val de Saves. L’appétit n’était plus dans l’estomac ou sur les papilles, Annabelle voulait dévorer des yeux les paysages qu’elle survolait. Elle faisait du surplace en s’émerveillant, se prenant pour un faucon crécerelle, voyant sur les collines d’en face le clocher de Tournan ou encore un arbre esseulé.

 

SYL_5984

SYL_5677

 

Quelques coups d’ailes plus loin, en regardant vers le bas du vallon, elle fut époustouflée par les collines, les points d’eau, la forêt, sublimées par les champs. « Je vais me plaire ici ! Nom d’un puceron ! » pensa-t-elle.

SYL_5692

SYL_5997

 SYL_5664

Epuisée par son voyage, à peine arrivée sur un champ près du lac de l’Astarac, elle s’endormit paisiblement entre deux pétales solaires. Au réveil, Annabelle commença à observer chaque fleur : des petites, des grandes, des plus ou moins fleuries, des encore timides. Elle saluait au passage ses amies les abeilles qui ne pouvaient répondre tant elles avaient la bouche pleine de butiner la profusion de pollen qui s’offrait à elles.

SYL_6385

SYL_6388

DSC_5584

DSC_5624

SYL_6294

Annabelle s’était prévu une folle journée de découverte ! Elle irait par delà les collines du haut Astarac, elle rejoindrait le pays du grand Auch dont une fourmi rebelle et baroudeuse lui avait fait l’éloge la veille. « Si tu peux passer par un village qui s’appelle Castelnau-Barbarens, tu verras là-bas mille merveilles. ». Elle échauffa ses ailes, prête à faire ce long mais beau voyage. Elle mit son casque et ses lunettes – les collisions étaient fréquentes avec les moucherons et les moustiques, il fallait donc bien se protéger. Droit devant ! Ses ailes battaient dix*mille fois à la minute, elle tournoyait, montait, descendait, fuyait les oiseaux gourmands qui tentaient de la manger. Elle aperçut alors le clocher à l’horizon, évita de peu le pare-brise d’un tracteur et contourna le village par l’Est ayant vu le jaune d’un champ briller au loin. Elle n’avait que l’embarras du choix, des milliers de tournesols pouvaient lui servir de tente ! Mais, la lumière était surpuissante, si bien qu’elle n’y voyait rien à 500 m ! Elle y resterait jusqu’au matin, foi de coccinelle !

SYL_6343

SYL_6369

 

Au réveil, une silhouette l’effraya. Une humaine avec un t-shirt bariolé de couleur, les cheveux hirsutes, un sac à dos noir et un gros engin étrange collé à l’œil, se tenait droit devant elle. Elle s’était mis à parler : « Salut toi, mais comme tu es trop belle !!!! Je vais te photographier, mais avant il faut que je change d’objectif ! ». Annabelle, lui répondit "Euh, pas de photo s'il vous plait!" mais le son de sa voix est imperceptible à l’oreille humaine. Elle avait quand même un peu peur ! L’humaine posa son attirail par terre ainsi que ses fesses dodues. Puis elle ouvrit le sac, démonta l’objectif de son appareil photo pour le remplacer par un autre. Elle pointa alors son gros engin noir sur la petite Annabelle qui fut tétanisée : elle ne pouvait pas s’enfuir, ses ailes étaient encore couvertes de rosée. Elle vit le gros engin s’approcher d’elle, de plus en plus, et entendit l’humaine jubiler ! « Oh, trop belle ! ». Elle vit la dame se relever, changer à nouveau d’objectif : elle se tourna vers le village et s’exclama « Milodiou ! Que c’est beau ! ». Le soleil se levait et caressait avec délicatesse la foule de tournesols. Annabelle comprit alors qu’elle était inoffensive et que comme elle, elle aimait les tournesols.

SYL_6461

SYL_6476

SYL_6504

SYL_6517

SYL_6537

Annabelle, changea de tournesol, pour y voir un peu mieux. Mais elle se fit repérer par la dodue qui trainait encore dans le coin. "C'est pas possible quand même, on ne peut pas être tranquille dans son petit tournesol !" s'exclama Annabelle agacée... mais flattée d'être aussi belle à photographier elle resta quand même un moment à prendre la pose ...

 

SYL_6578

SYL_6579

SYL_6584

SYL_6589

L’humaine repartit. Annabelle s’éleva dans le ciel, jetant un dernier coup d’œil à Castelnau-Barbarens, puis repartit vers l’ouest, où d’autres champs émergeaient avec la montée apparente de l’astre du jour…

SYL_6624

SYL_6625

Moralité : le bonheur n’est pas que dans le pré, il est aussi dans le champs de tournesols en été !

Posté par wawaa à 22:02 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur La coccinelle qui aimait les tournesols

  • Merci beaucoup, de belles photos et une jolie histoire.M’autorisez vous à montrer ce texte en images à mes petits adhérents de mon association la petite école numérique de Mamilou à Tachoires. Je voudrais leur montrer qu’à partir de belles photos, on peut raconter une belle histoire. Cordialement Marie-Hélène Mauco-Courbon

    Posté par Mamilou, 19 août 2019 à 11:42 | | Répondre
    • Mais bien sûr, avec grand plaisir !

      Posté par wawaa, 19 août 2019 à 12:26 | | Répondre
  • Un talent d'écrivain, c'est sûr! et les photos: superbes!

    Posté par marieclaude37, 19 août 2019 à 13:38 | | Répondre
Nouveau commentaire