Ô, printemps 2017 (2)

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Je n'ai pas soufflé. Non, surtout, j'ai retenu mon souffle. Il ne fallait pas éparpiller ces flocons de nature. Il faisait un peu frais... un peu frais mais doux. Le mois de mai approchait. Il m'incitait à me découvrir d'un fil ou deux, narguant avril. Je dormais près de Manciet ce soir-là. J'étais là-bas pour mes recherches gastromico-linguistiques. J'avais envie de voir le coucher de soleil sur les vignes. Il y a quelque chose de magique quand la lumière rasante du crépuscule vient inonder les feuillages des vignobles. Chaque détail prend sa place : les fils, les ceps tarabiscotés, les cordes, les alignements. Et puis il y avait ces quatre pissenlits. Petite, je me serais empressée d'aller les cueillir. D'inspirer un max d'air. D'expirer à pleins poumons. De rire et rire encore à les voir s'envoler, léviter, se suspendre dans l'air. Ils étaient là enrubannés d'une lumière si douce et si intense que ç'aurait été sacrifier la simple beauté de la nature sur l'autel de l'insouscience.  

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