Un 16 août 2016 inoubliable à Flamarens !

Mais bien sûr ! Bien sûr que je me souviens du 16 août 2016. Bien sûr ! Nous revenions du Lot et Garonne où nous avions, mon cher époux et moi, participé à la foire à la tourtière : une fête très intéressante et très gourmande qui m’a fait découvrir d’autres recettes de tourtières enfin de pastis gascon ou plutôt de croustade. En tous cas ce fut un moment délicieux que ce 15 août entouré de pâtisseries lot et garonnaise. Je vois vos airs circonspects. Quoi, elle fait des infidélités au Gers ? Oui ça m’arrive, c’est que le Sud Ouest est grand et beau, il y a tant de choses à y voir ! Mais rassurez-vous, le Gers reste prioritaire sur le reste de l’univers, ça ne changera pas de si peu !

Donc oui je me souviens très bien du 16 août 2016, de cette date rigolote – beh si 16/08/16 c’est carrément funky ! Et puis c’était la veille de notre troisième anniversaire de mariage dans le Gers. Et je ne peux pas oublier le 16 août 2013 : le temps qu’on a passé à décorer la salle, le convoi de bouquets de fleurs de campagne d’Arrouède à Cabas-Loumassès, la famille et les amis à la maison pour un dernier repas avant de se passer la corde au cou, le repas, l’orage qui décide d’éclater après le dessert (bon timing ! ), les chansons dans le hall d’entrée de la maison. Et l’attente impatiente du lendemain, pouvoir enfin lui dire un « oui » franc et sincère à la mairie arrouédoise et dans la belle église de Mont-D’Astarac. Vas-y j’ai la larmichette à l’œil. Je suis une sensible moi ! Ca passe rudement vite le temps quand même, parfois j’ai l’impression que c’était hier, tellement les souvenirs me sont vivaces ! Heureusement d’ailleurs que les souvenirs sont parfois vivaces pour tous ces bons moments. Mais je crois que je m’égare un peu du but initial.

Donc nous revenions du 47 pour retourner vers le 12 où nous vivons. Loin des yeux mais pas loin du cœur, rassure-toi mon cher 32 tu es dans mes pensées à chaque seconde. Et comme à mon habitude j’ai embobiné mon mari avec une argumentation de folie pour que nous fassions un « léger » détour dans le Gers. C’est que nous repartions par l’A62 qui longe au nord la frontière gersoise. Qu’il suffisait de prendre la sortie Lectoure-Valence d’Agen pour arriver en terres gersoises assez rapidement. Qu’il faisait beau. Et qu’on pouvait pousser jusqu’à Lectoure pour manger chez Cigale e fourmi.

Mon homme est toujours très réceptif quand il s’agit de manger. J’avais donc proposé l’argument fatal. L’argument qui aller lui faire accepter le détour. Bon, à vrai dire même sans ça, il allait accepter. T’façon, on ne pouvait pas ne pas profiter de ce dernier jour de week-end à rallonge. Et quoi de mieux qu’une escapade en amoureux dans le Gers ? Avouez que là, vous n’avez aucune autre proposition en réserve.

Du coup, on a retrouvé Flamarens qu’on avait visité ensemble au tout début de notre rencontre, il y a aujourd’hui un peu plus de 7 ans. Et moi de dire « Mais si Flamarens ! Tu sais quand t’étais venu pour les journées du patrimoine et qu’on avait visité le château où il y avait un chat noir et un propriétaire un peu âgé sympathique ! ». « Ah euh ? » et quand il a vu le village tout lui est revenu « Ah oui ! Je me souviens ! ». Ouf ! Nous nous sommes garés à l’entrée du village, sur le petit parking prévu à cet effet.

Je suis fan de Flamarens, depuis la première fois que j’y ai mis les pieds. Et j’y ai des points de repères, des endroits incontournables. Alors c’était parti ! Nous ne sommes pas entrés d’abord dans le cœur du village. Nous avons contourné le centre pour prendre une petite route qui descend vers le sud et qui arrive sur un pigeonnier modernisé. C’est là que j’ai un premier « incontournable » : le panorama sur les vallons de Lomagne ! Je crois l’avoir vu à chaque saison, de toutes les couleurs, par tous les temps et ne jamais avoir été lassée par l’immensité qui s’offre à nous, sur les vagues de campagnes successives créées par cette mer de collines, les creux, les bosses, la sensation d’infini, la beauté. En ce 16 août 2016 c’était toujours aussi joli.

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Ici, quand tu lèves la tête ou que tu te retournes, tu aperçois l’église du village. On ne la voyait pas si bien avant ! L’endroit a été élagué !  Quand je vois cette jolie église, je me  demande toujours s’il faut garder les ruines telles qu’elles sont ou les rénover ?Sauver le patrimoine ou lui laisser faire sa vie pour qu'il laisse place à un autre patrimoine ? Quelle drôle de question de la part de quelqu'un qui reste fascinée devant les châteaux, les églises, les belles pierres… Mais il se trouve que j'aime aussi les ruines. Les vieux bâtiments qui n'ont plus de toit, qui ont des trous dans les murs, qui sont tout cassés, parfois rafistolés. J'aime voir le temps qui passe et qui est passé à travers ces vieilles pierres, j'aime qu'elles me racontent leur histoire, le tumulte vécue, les belles années, j'aime faire travailler mon imagination, j'aime me dire qu'elles laisseront peut-être place à un autre bâtiment encore plus beau…

Je ne sais pas. C'est difficile, de choisir entre le faste d'un château complètement rénovée, ayant retrouvé sa splendeur d'antan et la force des ruines, derniers pans de murs encore debout face à l'adversité, les tempêtes, les hommes et leur âme destructrice, le temps et l'usure… Si nous avions tout sauvegardé, nous n'aurions sans doute pas évolué. Ou alors si, mais d'une autre façon.

Aujourd'hui, beaucoup s'insurgent de voir des bâtiments tomber en ruine. Abandonnés. Détruits. Abîmés. Délaissés. L'argent manque - et c'est toujours, le nerf  de la guerre ! Les uns rejettent la faute sur les autres et inversement. C'est en revisitant Flamarens que j'ai à nouveau réfléchi à la question, incapable de trancher, incapable de prendre une position claire, incapable de dire "Oui, il faut sauver tout le patrimoine architectural" ou "Non, il faut laisser le temps faire son action, avancer, et passer à autre chose".

Sans le patrimoine architectural, nos régions perdent beaucoup. Sans ça, nos régions ne sont plus les mêmes. Sans ça nous effaçons des bouts de de notre histoire, sans ça nous gommons quelques charmes de notre coin. Mais ne faut-il pas laisser le temps faire son action, avancer, et passer à autre chose. Si nous avions voulu tout conserver en l’état, nous n'aurions certainement pas eu de cathédrales, nous n'aurions pas connu la Renaissance, le gothique flamboyant, le château de Versailles, la Pyramide du Louvre… Quel choix difficile !!!!

 

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Nous avons continué notre balade et puis avons vu un panneau qui nous indiquait un lavoir. Dis donc, je ne l’avais jamais vu celui là ! Et je suis venue combien de fois ici ! Et même pas je suis allée voir le lavoir ! Il se trouve derrière le village, plutôt vers le nord, en contrebas de la colline. De la route qui y mène, nous avons pu profiter d’un nouveau panorama – quand je vous disais qu’il y avait toujours des choses à découvrir même quand on vient et revient des dizaines de fois au même endroit ! – les champs de ce que je présume être du sorgho (ma culture agricole est encore à peaufiner, bref, corrigez-moi si je me trompe ! ) était absolument superbe !

 

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Le lavoir, qui n'a plus ses fonctions de lavoir, accueille une foison d'habitants sympathiques ! Les amphibiens plus ou moins gros n'étaient pas spécialement farouches et semblaient prendre la pose. Je crois que le lavoir est bien gardé !

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Tout à côté, un point d'eau sympathique, des arbres, des fleurs, des reflets. Le paradis des crapauds et grenouilles en tous genres ! Nous avons repris le petit chemin, avons rejoint le village. Il faisait chaud ! Il faisait chaud ! Un soleil de plomb tentait de nous assomer, mais nous avons résisté !

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J'aime toujours autant ce château et sa tour. C'est pour moi un lieu absolument magique, un peu hors du temps. Peut-être ai-je là la réponse à mes questions de tout à l'heure sur la conservation du patrimoine architectural. Je ne sais toujours pas. Je crois juste que je serai profondément triste si ce château disparaissait. Lui qui semble dominer toute la Lomagne, tout le bruhlois, lui que l'on aperçoit depuis les villages alentours.

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Et puis nous avons pénétré à nouveau dans l'église ou ce qu'il en reste. J'aime l'appeler "l'église à ciel ouvert". J'aime imagine,r que les gens qui viennent prier ici, n'ont plus rien qui les sépare du ciel et de leur Dieu. Je trouve que c'est poétique, une église à ciel ouvert, je trouve que c'est tolérant une église à ciel ouvert. Je trouve que ça a quelque chose de particulier !

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 Elle n'est pas ouverte que sur le ciel, elle l'est aussi sur la campagne environnante. Elle regarde partout cette église. J'aime cette idée. Vraiment. Encore plus par les temps qui courent. Encore plus parce que je ne suis pas croyante mais que moi aussi je peux y entrer. Elle me rappelle qu'il faut nous aimer d'où que nous venions.

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Nous avons ensuite laissé le village derrière nous. Le donjon se mirait dans le capot des voitures. Le village resplendissait. Nous étions heureux. Nous nous gavions de soleil. Nous nous réjouissions d'être là. Nous avons repris la route joyeusement !

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 Impossible donc, d'oublier ce 16/08/16 (vraiment rigolo comme date, je réitère!)

 

 

 

 

Posté par wawaa à 16:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Un 16 août 2016 inoubliable à Flamarens !

    Je reconnais bien flamarens visitée à plusieurs reprises mais surtout en hiver lors de la ronde des crèches.

    Je confirme, c'est bien du sorgho, plante qui remplace peu à peu le maïs parce que moins gourmande en eau.

    Posté par lavandine1, 28 octobre 2016 à 15:26 | | Répondre
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