L'Aventure Saint-Jacques dans le Gers, dernier épisode : parce que tout a une fin !

Episode précédent : L'Aventure Saint-Jacques dans le Gers, épisode 8 : jour 8 et 9, la fin du voyage !

 

Mercredi 14 septembre 2016

 

10h25- Vous l'avez entendu et vu, l'orage tonitruant d'hier soir ??? Ne avais-je pas dit qu'il éclaterait au bon moment, quand nous serions arrivés ? Bon, il a attendu 17h30 hier, pour se manifester mais il était bien là. Le vent tourbillonnait, le ciel était noir, la pluie fouettait sec. Impressionnant. Comme un ouragan, comme dirait l'autre ! C'est là que nous nous sommes dit que nous étions de sacrés veinards car depuis notre départ du lundi 5 septembre à La Romieu, nous avions eu du beau temps… un peu chaud, un peu beaucoup chaud même, mais je préfère ça à la folle averse d'hier au soir ! Vraiment, nous n'avons pas à nous plaindre d'un point de vue météorologique.

Cette nuit, nous avons bien dormi. J'étais au bout du bout du bout du bout du rouleau à 21h00. Vidée. Epuisée. Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour m'endormir. Ce matin, les chevilles me rappellent un peu à l’ordre. Mes tendons d'Achille sont un peu douloureux et m'invitent à les laisser tranquilles. Massage à l'anti-inflammatoire et journée flemme en perspective. Sauf que si je m'écoutais, je repartirai marcher…

 C'est que tout cela fut… comment vous expliquer ? Ressourçant. Une formidable occasion de faire le vide. Ne penser parfois à rien d'autre que marcher. Ne pas avoir de "stress" quelconque. S'imprégner du calme de la nature. S'imaginer capable de bien des choses. Etre libre. Ce sentiment de liberté, je ne sais pas vraiment le décrire. J'ai eu l'impression de temps en temps que nous ne dépendions que de nous, de nos pieds, de notre volonté, nous étions nous seuls à nous imposer des contraintes, et surtout nous profitions de chaque instant. Je ne me suis pas souvent sentie aussi libre et heureuse.

J'ai rarement vu le temps passer aussi vite, non, pas vite, ce n'est pas ça, aussi naturellement, sans se rendre compte que le temps passe, oui c'est ça, le temps passait naturellement sans que l'on pût se rendre compte qu'il passait. Tout paraissait si simple.

Quand j'ai rallumé mon téléphone, submergée d'e-mails, de messages, de sms, de notifications, agrippée par la curiosité,  et sans doute le besoin de tout voir et tout lire, j'ai senti s'éloigner ce sentiment de liberté que j'ai pu ressentir lors de ces 9 jours de marche sans smartphone, sans connexion, en toute déconnexion. J'ai alors eu le réflexe habituel de lire, puis, vite, j'ai eu envie de l'éteindre, de le poser dans un coin loin. Je ne suis pas prête à laisser de côté cette liberté vécue et savourée sur le chemin…

  

Jeudi 15 septembre 2016

21h00 - Nous avions prévu une étape bonus. Nous devions rester chez nos amis arbladais jusque samedi matin et nous avions comploté de proposer à Sylvie de faire cette étape bonus avec nous. Il s'agissait d'aller jusqu'à la frontière du département, soit le point de liaison entre Barcelone-du-Gers et Aire-sur-Adour. Nous avions tout calculé. Entre chez Sylvie et la fin de l'étape, il n'y avait que 6 kilomètres, nous aurions fait l'aller-retour.

Hélas, plouf. Plouf, c'est tombé à l'eau… cependant pour une bonne nouvelle : j'ai appris hier que j'avais été admise en seconde année de master ( l'entrée se fait sur dossier même quand on a une mention bien en première année.) et que j'avais un rendez-vous non modifiable demain matin, à l'université. Alors il a fallu partir d'un coup et oublier l'étape bonus que j'attendais avec grande impatience. Il a fallu quitter nos amis. Sylvie a mis tout son cœur à préparer un super repas en catastrophe - en parlant de catastrophe, ne parlons pas de la sauce tomate, ça c'est pour la faire rire ! Et puis nous sommes partis. J'étais heureuse d'être admise et triste de quitter mes amis, Sylvie,  le chemin…

Vers 22h30 aux abords de Marciac un sanglier a traversé la route devant la voiture. 80 Km/h, on se méfiait justement des animaux suicidaires. Freinage d'urgence. Nous sommes indemnes, la voiture n'a qu'un peu de tôle cassée. Nous avons eu beaucoup de chance !

 Mais ce retour à la réalité a été un peu brutal. Nous étions encore sur notre nuage, dans notre bulle de sérénité et le stress de la vie quotidienne (aller à Toulouse en catastrophe pour la fac, contacter l’assurance , c’est combien la franchise ?, y’aura du malus ? On peut rouler avec la voiture comme ça ? On peut quand même aller chez mamie ? ) nous est arrivé comme une grosse claque dans la figure et pourtant tout ça, ce n’est pas si grave. Nous allons bien et le sanglier suicidaire aussi, puisqu’il s’est enfui, le bougre.

Cependant, j’ai pris conscience d’une chose : pendant 10 jours, loin de tout ça, et ne comptant que sur mes pieds, ne profitant que de chaque instant présent, je n’avais jamais été aussi heureuse de façon durable. J’ai été heureuse quasi continuellement pendant ces 10 journées. Il n’y avait quasi pas de tracas. J’ai ri de mon rhume et de mes chevilles capricieuses. J’ai ri de mes boutons de moustique et de mes coups de soleil. Il n’y avait pas de stress…

 Alors pour se vider l’esprit et retrouver la sérénité du chemin, nous sommes partis cet après*midi, au lac de l’Astarac… entre les hérons cendrés, le ciel et cette longue route longeant l’eau, c’était un agréable retour dans notre bulle.

 

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Et puis l’envol des hérons spatules ! Et puis toujours ce ciel et ses nuages artistiques !  Et les petits oiseaux sur les berges, dans les herbes, sur les branches ! J’ai retrouvé la splendeur et le calme, la simplicité.

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Je succombe à la fatigue et vais me coucher. Clic.

 

Samedi 17 septembre 2016

 

Tu veux que je te dise comment a été la journée d’hier ? Se lever tôt, courir à la fac, s’inscrire mais faire des boulettes, être écrabouillée dans le métro, choper un train en plein mouvement social, finir dans un autocar bondé, les jambes étriquées et s’endormir avec grâce, la bouche ouverte, le filet de bave, la tête contre la vitre… Je plains mon voisin qui a dû subir ce spectacle affreux surtout que, quand je suis au bout du rouleau, en dormant, je pousse parfois des petits cris étranges. Cependant, ça ne peut pas être pire que la fois où je me suis endormie sur l’épaule de mon voisin qui n’a pas osé me réveiller et qui se marrait bien en voyant ma tête au réveil, confuse et gênée. Bref…

Maintenant nous nous focalisons sur notre voyage dans le Pas de Calais, chez ma super mamie de 87 ans. Le sanglier percuté mercredi soir n’a pas assez abîmé la voiture pour que nous annulions le voyage (encore que j’avais déjà, au cas où, regardé les prix des voitures de locations et les horaires des trains ! ).

 Même si j’ai une sorte de Saint-Jacques’ blues, de nostalgie du chemin de Compostelle, je n’échangerai pour RIEN au monde les jours que je vais passer avec ma chère mamie. C’est donc l’heure de clore ce journal que j’ai pris beaucoup de plaisir à rédiger chaque jour pour y figer mon ressenti et ne rien oublier de cette magnifique aventure.

 

Nous avons de nouveaux projets pour plus tard sur les chemins de Saint-Jacques gersois, encore ! Mais je ne vous en dis pas plus, je vous le raconterai dans les carnets de voyage que je rédigerai à l’occasion !

Posté par wawaa à 09:59 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur L'Aventure Saint-Jacques dans le Gers, dernier épisode : parce que tout a une fin !

    On a été bien gâté avec cette sauce tomate!!! Oui, j'ai ri!!
    Quelle délectation de suivre ton carnet, on s'est immiscé dans tes mots, ton cheminement, votre déconnexion, et j'ai été ravie de vous accueillir, même si brièvement! Il est vrai que vous étiez dans votre bulle, presque je n'osais pas vous déranger, la maison assez grande pour se prêter à l'isolement nécessaire pour terminer votre chemin, adishats

    Posté par Sylvie, 21 octobre 2016 à 11:33 | | Répondre
  • Un seul mot : merci <3

    Posté par Monique Rigault, 21 octobre 2016 à 13:53 | | Répondre
  • et tu vois, je n'ai pas osé briser cette grande balade par des messages, pour ne pas encombrer
    quelques jours loin du boulot me permettent de savourer le récit de tes pérégrinations, même si la photos m'attirent aussi
    Ah ces ciels en noir et blanc, ces envols d'oiseaux !

    Posté par giovinetta, 24 octobre 2016 à 09:46 | | Répondre
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