L'Aventure Saint-Jacques dans le Gers, épisode 4 : Montréal et Montrhume.

Episode précédent : L'Aventure Saint-Jacques dans le Gers, épisode 3 : Jour 2, à la (re)découverte de Larressingle.

 

Mercredi 7 septembre 2016

16h30 - Merci Papounet ! Merci Papounet pour la rhinopharyngite qui m'a fait passer une nuit absolument exceptionnelle… Oui, dans la famille nous avons le sens du partage et j'ai réussi à récupérer un truc viral de la part de Papounet. Il m'avait dit : "Si tu l'attrapes, tu verras, c'est trois jours de mal de gorge puis trois jours de rhume". Papounet ne ment jamais ! Les trois jours de mal de gorge, c'est fait, et j'arrivais encore à bien gérer l'affaire, j'avais même espoir que cela s'arrête là. Et puis est arrivé le rhume, léger d'abord, jusqu'à cette nuit et ce matin ! Le second jour du rhume ou "l'apogée mouchatoire", ce jour où je suis responsable de la mort d'une forêt tellement j'use de mouchoirs. Sauf que, les réserves de mouchoirs n'étaient pas énormissimes et quand tu n'as pas de supermarché ou de supérette à disposition, et bah tu te débrouilles avec ce que tu trouves !

Tout ça pour vous dire qu'à 16h40 aujourd'hui, j'ai déjà vidé deux rouleaux complets de papier toilette… et j'ai le nez absolument écarlate. Mais comme j'ai pris un bon coup de soleil sur la tronche, on ne soupçonne mon affreux rhume que dans trois cas : l'indiscrétion de mes tonitruants éternuements, ma voix de canard ou mon nouvel accent transformant les "m" en "b" et les "n" en "d". Ce qui a beaucoup fait rire mon mari quand je lui ai demandé, après un éternuement monstrueux, et avec ma sensuelle voix de canard : "Bon cœur, tu be passes un bouchoir s'te plaît ?".

Bref, la nuit a été extraordinaire, donc, entre bruits de trompette, fièvre et forte chaleur en prime. Mais j'ai quand même réussi à dormir suffisamment et mon cher et tendre aussi. Si bien qu'à 8h30, après un petit-déjeuner gourmand, nous avons quitté la petite Carcassonne du Gers, en direction de Montréal du Gers. Juste avant de partir de l'enceinte fortifiée, un employé municipal fort serviable a rempli nos bouteilles d'eau avec sourire et gentillesse. Et le glacier du village, avec qui nous avons eu une chouette discussion hier, nous a salué par de grands signes amicaux alors qu'il partait dans sa petite voiture… Finalement la journée s'annonçait moins sous l'égide des mouchoirs et davantage sous l'égide de la chaleur humaine.

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Au commencement, nous étions deux. Nous avons rejoint le Pont d'Artigues qui se trouve être à exactement 1000 kilomètres de Saint-Jacques de Compostelle et se trouve aussi être, si je ne me trompe pas, le pont le plus ancien du chemin… celui qui a connu les premiers pèlerins. C'était amusant d'essayer d'imaginer le nombre de pieds passés par-là depuis sa construction. Mais en ce moment, le pont est en rénovation. Une déviation est mise en place pour les marcheurs. Tous ne la respectent pas, mais nous si. Des gens y travaillent avec des gros engins et je crois qu'il faut les laisser travailler tranquille. Après tout, ils oeuvrent à maintenir ce joli pont. Cette déviation qui allonge le chemin de 2.5 kilomètres (pour nous ce n'était pas un drame, vu que nous n'avions qu'une grosse dizaine de kilomètres à parcourir, mais pour ceux qui font entre 25 et 30 kilomètres par jour, ce n'est pas forcément amusant d'avoir un peu plus de chemin à faire ! ), nous a fait passer par la très jolie chapelle de Vopillon ! C'est là que nous avons croisé un sympathique hollandais qui nous a demandé conseils… en anglais ! C'est là que je me suis une fois de plus rendu compte que mon anglais était toujours bien trop lacunaire mais selon mon nouvel ami nordique "suffisant pour être comprise" ("enough to be understood"). Il nous a pris en photo pour garder un souvenir de nous. C'était touchant. Il avait commencé là, à Larressingle pour la symbolique des 1000 kilomètres et voulait faire un détour par Lourdes en bus. Il ne savait pas trop comment faire. Je lui ai conseillé d'aller à pied jusqu'à Aire-Sur-Adour et de prendre un bus là-bas. Nous espérons que cela va marcher pour lui…

Ah… on me dit dans mon oreillette que c'est l'heure d'aller visiter le coin… je continuerai donc mon récit tout à l'heure !

20h30- Voilà, je peux reprendre mon récit… j'écris tous les jours pour ne pas oublier, pour ne pas laisser quelques souvenirs sur le chemin, et puis j'aime ça, écrire.Où en étais-je ? Ah oui, le Hollandais, Lourdes, etc. Un monsieur très sympathique. Nous l'avons laissé reprendre le cours de son chemin et avons profité quelques minutes de la jolie chapelle de Vopillon bien éclairée de soleil.

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Ce fut à notre tour de reprendre notre marche. Aux abords de Beaumont nous avons été dépassés une première fois par un jeune homme à la vive allure. Je venais de faire l'andouille devant un cœur gravé sur un tronc d'arbre. Le jeune homme nous a salués, a fait une pause un peu plus loin, nous l'avons donc dépassé à notre tour.

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Il a eu très vite fait de nous rattraper et a engagé la conversation. Lui voulait se rendre à Saint-Jean Pied de port en à peine 10 jours. Nous l'admirions ! Nous et nos petites étapes !Il a tracé ! Nous l'avons vu peu à peu nous distancer. Il s'est rapidement métamorphosé en un petit point mouvant à l'horizon.

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Nous avons ensuite profité des paysages. Et j'ai commencé à faiblir. Mes pieds me faisaient vraiment, mais vraiment mal, mon nez bouché parasitait ma respiration et le soleil brûlant me faisait perdre 3 litres d'eau à la minute - entre nous j'aurais préféré 3 litres de gras. Il n'était absolument pas question de flancher, rhume ou pas rhume, fièvre ou pas fièvre, mal de pied ou pas mal de pied ! La fin a été un peu difficile mais illuminée par un particulier qui vendait des tomates de son jardin. Nous lui en avons pris une dizaine car nous allions rester deux jours à Montréal-du-Gers, dans un appart'hôtel aux Hameaux de Montréal. Nous sommes enfin arrivés à midi pile. Oui, nous avons traîné la patte. Enfin surtout moi. Mon pauvre mari supportait ma soudaine lenteur. Et il fallait, une fois les clefs de notre logement récupérées, trouver la force d'aller au centre-ville, à 1 kilomètre - 1 kilomètre, c'est pas grand-chose, mais quand on est complètement vidés, ça parait une éternité !- pour aller quérir quelques réserves de nourritures pour ces deux jours.

Après un repas très simple, et c'est exactement ce dont nous avions besoin, nous nous sommes reposés quelques heures. J'en avais bien besoin ! Vers 17h30, requinqués, nous avons repris la route du village pour une petite visite rapide : la place et ses arcades ainsi que le petit musée de l'office du Tourisme où nous avons été chaleureusement accueillis et où l'on peut voir notamment les premières mosaïques découvertes à Séviac…

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Et bien sûr pour me faire plaisir, dans l'église, quelques splendides reflets colorés ! Du rouge, du jaune, du vert, du mauve, du bleu...un vrai feu d'artifice ! De quoi me faire oublier temporairement mon nez bouché !

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Ma foi, je crois que je vais aller me coucher… après une inhalation au Vick acheté à la pharmacie du coin malgré l'air perplexe et moqueur de la pharmacienne qui n'a pas caché sa surprise. Apparemment c'est étrange de quémander du Vick Vaporub quand il fait 37°C...oui effectivement, peut-être un peu...

Clic. Bonne nuit.

Posté par wawaa à 07:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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