Le syndrome de la page blanche.

Le titre aurait dû être "jeux de reflets, jeux de lumière". J'ai passé du temps à réfléchir - oui, parfois, ça m'arrive contrairement à des apparences trompeuses - à la manière dont j'allais rédiger cet article. A vrai dire des articles sur les reflets et les jeux de lumières j'en ai déjà rédigé quelques-uns, mais je ne voulais pas vous servir plus ou moins la même soupe - bien que la soupe soit bonne pour la santé, surtout quand elle est faite avec des légumes ayant poussé dans le Gers. J'avais envie de sortir de la banalité, de vous proposer un texte original et puis quand j'ai tenté de rédiger l'article je me suis trouvée face au terrible syndrome de la page blanche. J'avais l'envie, mais pas l'inspiration. Pourtant j'aime les photos que je veux vous proposer entre ces mots et je sentais que je bouillonnais d'impatience d'arriver à écrire cet article. Mais rien. Rien, pas un mot. J'ai griffonné quelques débuts de paragraphes sur un cahier - j'aime beaucoup écrire mes articles à la main, parfois l'écran m'horripile - mais en vain, en me relisant, je trouvais ça fade et sans conviction ! Que m'arrivait-il ? Un peu de fatigue sûrement ! Et puis ça arrive. Ca arrive de ne pas pouvoir écrire.

 Quand j'étais petite, je voulais être écrivain. Dès qu'on m'a mis un stylo dans les mains, j'ai commencé à écrire des histoires (parfois un peu loufoques) sur des petits cahiers. Je n'ai gardé que les cahiers du collège, notamment celui où je raconte les aventures d'une grand-mère prénommée Bounéa partie chez les pygmées africains. Au lycée j'ai eu une phase poétique, notamment avec mes premières amours décevantes, c'était absolument dégoulinant de beaux sentiments. Plus tard, j'ai rédigé des choses plus intimes que je suis la seule à avoir lues, je ne sais pas si un jour j'oserai les faire lire à autrui.  J'ai toujours eu besoin d'écrire, de raconter, de témoigner. L'apparition des blogs a été pour moi quelque chose de grandiose car je pouvais écrire à profusion et être un petit peu lue. Au fond, ça me permet un peu de réaliser mon rêve de petite fille que de bloguer, j'étais un peu l'écrivain que je voulais être. A un moment donné, j'avais trois blogs. Je n'ai gardé que celui-ci pour  lequel j'ai une affection immense et vous savez pourquoi. Le Gers tient une place importante dans mon cœur. Je n'ai jamais pu arrêter d'écrire pour Gersicotti Gersicotta. Oh certes, j'ai eu des périodes plus ou moins inactives parce que la vie m'occupait ailleurs - il faut bien manger, payer ses factures, avoir une vie sociale ! - mais j'ai toujours su que je retrouverai vite les chemins du Gers et que j'écrirai encore et encore et encore et encore sur ce département précieux. De ce fait, lorsque ce foutu syndrome de la page blanche m'atteint quand je veux écrire un article sur le Gers, je suis  extrêmement contrariée et je tente et retente d'écrire frénétiquement à en user des pages de cahier pour pas grand-chose. Ce n'est pas forcément évident, en fait, d'écrire régulièrement. Il y a toujours tout un tas de paramètres qui s'entrechoquent : les émotions du jour, la joie, la colère, l'état général, la chaleur, la pluie, le beau temps, les projets que l'on a, le lave-vaisselle à vider, le ménage à faire, un téléfilm débile mais prenant à la télévision, la nostalgie… Et parfois, on n'arrive pas à écrire parce que ce n'est simplement pas le moment. C'est comme ça. 4 jours que j'essaie et rien. Je suis toujours juste bonne à vous expliquer que je ne suis justement bonne à rien écrire en ce moment ! Quelle ironie ! Quand je viens d'écrire tous ces mots pour vous confier ces maux rédactionnels !

Mais revenons à quand j'étais petite. Je voulais donc devenir écrivain. Je n'aimais pas forcément lire - ce qui n'est plus le cas maintenant, puisque dès que j'en ai l'occasion, je dévore des tas de livres, - mais j'adorais vraiment écrire. Je ne connais pas un jour où je n'ai pas au moins griffonné un mot sur un bout de papier - j'inclus la liste des courses !- mais à ce moment-là, je ne pensais pas qu'un jour, je ferai des photographies. Ça ne m'est venu que bien plus tard. Ça ne m'est venu qu'avec le Gers. Si j'étais arrivée en catastrophe, comme ça a été le cas ici, dans un autre département que le Gers, aurais-je eu la même envie d'immortaliser les lieux que je croisais ? Aurais-je eu cette même passion de la photo ? Aurais-je joint cette passion à l'écriture ? Aurais-je ouvert un blog ? Je me suis souvent posé la question. Et si tu étais arrivée en Haute-Garonne ? J'aurais ouvert un blog intitulé "La Haute-Garonne sur son 31". Et si tu étais arrivée dans le Tarn ? Je l'aurais appelé "Mieux vaut Tarn que jamais". Et si tu étais arrivée dans le Lot ? J'aurais trouvé un nom du genre "Le super Lot". Mais ce fut Gersicotti Gersicotta. On me demande souvent pourquoi j'ai appelé ce blog ainsi. Je n'en ai aucune idée. J'avais besoin d'un nom et celui-ci me plaisait. Entre temps, j'ai déménagé en Aveyron… j'ai essayé de réfléchir à un blog sur ce département (qui est tout aussi magnifique) mais je n'ai pas les mêmes affinités. Je voulais l'appeler "L'Aveyron au carré ou 144 raisons d'aimer l'Aveyron et + si affinités"… parce que depuis le collège j'admire particulière ce nombre de 144 qui est le carré de 12. Je le trouve joli. Et donc le blog aveyronnais pas moyen ! Pas moyen de tenir le cap ! Gersicotti Gersicotta est toujours resté ma priorité, le blog important, mon loisir préféré, et le Gers mon département de cœur. Alors oui, j'étais fichtrement frustrée d'être là, à regarder ma série de photo et de ne pas arriver à en tirer la moindre phrase potable ! Mais c'est peut-être parce que les photos parlent d'elles-mêmes que je n'avais rien à en dire… Je ne sais pas trop. Elle me rappelle chacune un moment privilégié pourtant. Tiens… celles faites au bord du lac de l'Astarac… certaines me rappelle des balades avec mon mari, à attendre, assis sur les cailloux, que la lumière invite l'eau à refléter le ciel, d'autres la morne journée de pluie mais la balade intéressante au bord de l'eau.

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Celles faites dans le petit bois jouxtant même lac, me rappellent cette balade en fuite du soleil brûlant, le besoin d'avoir de l'ombre pour ne pas sentir sa peau cuire à la lumière trop estivale, le besoin de fraîcheur et de calme… Nous marchions entre les arbres avec délectation. Le silence était enivrant et la lumière et l'ombre dansaient ensemble. Les images semblaient abstraites, il y avait sur les troncs d'arbres des sortes de petits tableaux étranges et monochromes. Je les chassais du regard.

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Les photos prises à Auch ont toujours une saveur particulière. J'aime cette ville, j'aime la couleur de cette ville, un peu dorée, un peu solaire. Le centre historique et sa magistrale cathédrale. Je me perds souvent à l'intérieur de celle-ci. Indubitablement, j'y reviendrai sans m'en lasser. J'y vais pour les reflets des vitraux sur la pierre. J'y vais pour bien d'autres choses aussi. Je m'étais émerveillée ce jour-là devant le reflet d'une rosace sur le pied circulaire d'un poteau métallique qui me séparait de l'autel par une corde rouge.

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J'aime aussi me perdre souvent sur la place Salinis à la recherche du reflet étrange de la cathédrale dans les carrosseries et autres pare-brise. C'est un jeu qui me peut me faire passer pour une loufoque - j'en suis une, ce ne serait donc pas surprenant. Mais, je dis parfois que les joueurs de Pokémon Go n'ont pas l'air fin à chercher des créatures virtuelles… en fait, je ne suis pas plus étincelante lorsque je scrute des pare-brise !  Et ce jour-là… la cathédrale était bien déformée et même les alentours ! J'en avais souri.

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Je retourne souvent dans deux églises que j'aime particulièrement : celle de Simorre et celle de Mont d'Astarac (où je me suis mariée). J'y chasse toujours un peu le reflet, au-delà du fait d'admirer les lieux dans leur entièreté. C'est toujours lumineux et captivant et parfois un peu abstrait !

 

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J'aime aussi croiser des miroirs de route. C'est de temps en temps que je vous en propose ! J'aime quand ils reflètent la nature, la verdure. Je me délecte toujours de ces précieux instants.

 

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Et puis il y a cette photo chère à mon coeur, prise chez mon ami Sylvie un matin de printemps. La lumière du levant qui traversait cet arbre était si belle et si intense... un pur moment de magie !

 

 

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Bref, j'ai fini par calmer ce syndrome de la page blanche, en fait, il suffisait simplement que je me confie à vous, simplement.

Posté par wawaa à 16:33 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Le syndrome de la page blanche.

  • Je trouve que tu te défends bien pour combattre ce delicat syndrome...
    J'aime toujours autant te lire, et je trouve en effet que cet article est plus intime, même dans son écriture...
    À bientôt mon Amie, "mon arbre" t'attend

    Posté par Sylvie, 09 août 2016 à 17:51 | | Répondre
  • Sublime. Le meilleur article. Tellement toi....

    Posté par Pascal, 09 août 2016 à 19:27 | | Répondre
  • Vos photos sont superbes, j'aime particulièrement celles au bord du lac de l'Astarac.

    Posté par David V, 10 août 2016 à 16:21 | | Répondre
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