Tous les ans, dès le mois de décembre, je commence à gamberger. "Et les orchidées sauvages, c'est bientôt ?". Chaque année, quand Noël arrive, je sais qu'il ne me reste que deux petits mois à attendre pour revoir mes fleurs préférées. Oui, car elles sont devenues mes fleurs préférées. Avant, j'adorais les roses, les jonquilles, les coquelicots et autres fleurs sauvages ou non qui décorent si bien nos jardins et prairies. Je les adore toujours, là n'est pas la question. Mais les orchidées sauvages - et il est important de préciser "sauvages", car les orchidées en pot, j'ai peine à les faire survivre tant ma main peu verte est indélicate et maladroite, et je préfère les orchidées dans la nature - sont devenues ma préférence à moi. Une passion botanique que je ne peux plus te cacher, à toi mon cher lecteur, qui chaque année les voit aussi fleurir sur ce blog. Cette année, sans doute parce que j'ai d'autres occupations qui me sont importantes, je vais sans doute moins t'en parler, mais je vais en parler quand même ! J'ai déjà planifié mes retours dans le Gers, en fonction de la date de floraison de certaines espèces. D'aucuns diront que franchement, je n'ai rien de mieux à faire, et se moqueront de ma frénésie de balades et de découvertes, du temps que je passe à scruter le sol avec application, et ajouteront "Et après ? Une fois que tu les as vues, tu fais quoi ?". Je les immortalise, j'en garde un souvenir, j'en collectionne les images, et parfois, je fais défiler les photos en me remémorant les bons moments passés à leur recherche. Et je suis heureuse avec ça. C'est une activité saine et addictive… et c'est bon pour la santé : allez à la recherche d'orchidées sauvages permet de faire de l'exercice physique varié (crapahuter, marcher, génuflexions,et parfois glissade miraculeuse dans les fossés boueux) mais aussi de prendre un bon bol d'air et quand le soleil est au rendez-vous, une bonne dose de vitamine D. C'est un antidépresseur naturel : on oublie les soucis, le quotidien, le stress et on apprend à profiter de l'instant présent. Se perdre dans la nature, c'est retrouver la liberté, c'est se déconnecter d'un monde qui se virtualise de plus en plus, c'est être en contact avec la terre… c'est tellement de choses à la fois, des choses qui font du bien au corps et à l'âme. Partir aux orchidées pour moi, c'est tout simplement prendre une dose de bonheur, un bonheur tout simple et délicat. Quelque chose qui reste éphémère mais qui se réitère et change de semaine en semaine. Tu vois ? C'est pour ça que je jubile quand la saison approche, que j'attends avec impatience, que je trépigne.

Alors voilà, j'ai attendu, j'ai décompté, puis les retrouvailles furent d'abord bien timides, avec un seul pied, discret, minuscule, sur la bordure herbeuse d'un petit sentier caillouteux de Montégut… il était tout penaud, un peu balafré, mais il était joli, mon premier ophrys de mars de 2016.

 

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Je n'ai pas désespéré le temps d'arriver jusqu'à une petite prairie calcaire, aucun autre ophrys ne m'attendait... ? Mon radar a toujours du mal à se mettre en route en début de saison, mes yeux ne sont plus habitués à les apercevoir ici ou là. Et puis la joie et la générosité, une dizaine de pieds fleuris... la saison 2016 des orchidées sauvages dans le Gers était ouverte pour moi !

 

 

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Qu'est-ce qu'ils étaient beaux avec leurs motifs variés ! Tantôt cachés dans les brindilles, tantôt bien exposés, tantôt à peine en train de fleurir. J'avoue, j'en ai bien profité, prenant soin de regarder à chacun de mes pas de ne pas en écraser !

 

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Je suis repartie de Montégut toute joyeuse. Deux jours plus tard, j'ai pris la route pour Lamaguère ! Dis, combien de fois suis-je venue ici ? Combien de fois ? Au moins des centaines, j'ai l'impression ! Chaque printemps, j'y vais, j'y viens ! Je me souviens, au début, j'y allais le matin, puis, mécontente de mes photos ou me doutant d'avoir mal exploré, j'y retournais l'après-midi même, puis le lendemain et le surlendemain ! Une fois, j'y suis allée juste avant une averse ! Ô, je me souviens, je m'étais cachée sous un arbre alors que la pluie s'abattait assez copieusement sur la prairie. J'étais entourée d'orchis pourpres, d'orchis singes, d'orchis militaires, d'hybrides, il y avait même un céphalantère… j'avais comblé le temps à attendre la fin de l'orage à photographier les unes et les autres, presque déçue que la pluie s'arrêtât trop rapidement ! Bref ! J'allais donc retrouver ce petit chemin calcaire de Lamaguère… mais avant, sur la route, j'ai fait une petit pause, car en bordure, mon premier ophrys brun de l'année m'y attendait avec quelques compères ophrys de mars !

 

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Et enfin, le fameux chemin calcaire, au milieu des prairies sauvages. J'ai l'habitude du petit passage boueux, qui l'était moins, à ma grande surprise, que les années précédentes. Mais suffisamment pour crotter mes chaussures de ville , car oui, en petite maligne que je suis, j'avais oublié de mettre mes chaussures de marche… mais je m'en fichais éperdument, j'étais à quelques pas de voir d'autres spécimens. Une jolie ribambelle d'ophrys bruns prenait le soleil en hauteur, au milieu dudit chemin. Par-dessous, je leur trouvais un air de lampadaires de rue.

 

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Je suis repartie toute guillerette et enchantée de mes (re)trouvailles ! Et j'attendais avec une impatience non dissimulée le lendemain car je devais, avec mon cher mari, aller dans un endroit secret un peu escarpé, loin de tout, à la rencontre d'autres orchidées, évidemment !!!