Lettre à ma terre bien aimée...

Cher département,

 

C'est tellement dur d'être loin de toi mon cher et tendre Gers que parfois je me laisse aller à un peu de nostalgie boulimique, mais elle m'est douce au fond, cette nostalgie et je la consomme à outrance avec plaisir, je ne peux même pas être malheureuse en étant loin de toi ! Parce que quand je t'ai rencontré, il y a un déjà presque 11 ans maintenant - une belle histoire d'amour qui dure donc-, je faisais royalement la gueule, tu vois, un truc du genre sourire à l'envers, yeux noirs, mine déconfite, j'étais d'une humeur exécrable et imparablement triste. Quand je t'ai rencontré, non, moi ça n'allait vraiment pas, je n'aimais rien et je m'en fichais complètement, moi, de la nature, des paysages, des monuments, de la Gascogne, de faire des photos, et même les orchidées sauvages, je n'en avais bigrement rien à faire. Franchement, j'avais rien compris à la vie, c'est vrai quoi, complètement rien compris ! Et toi t'es arrivé, - enfin, je suis arrivée chez toi en râlant copieusement -, et tu m'as fichu une sorte de grande claque bien sèche dans la tronche. Un coup de pied violent au derrière.  Tu m'as même rendu le sourire et la bonne humeur qui me caractérisent en étant simplement toi, mon cher Gers. Parce qu'avec toi, j'ai découvert quelque chose d'absolument essentiel, que la vie pouvait être simple, que le bonheur c'était quelque chose qu'il fallait capter à chaque seconde, qu'il était partout sous des formes diverses et variées et qu'on pouvait tous s'en imprégner par quelques petits pas curieux autour de chez soi. Finalement tu m'as aidée à me révéler et à exprimer une sensibilité artistique (ou pas) que je ne connaissais pas ou que je ne voulais pas faire émerger avant.

Oh, je sais c'est facile à dire tout ça ! Mais voilà comment je le vis, avec toi, le bonheur, ce bonheur que l'on dit souvent dans ton pré, mais il n'est pas que dans ton pré. Il est partout chez toi, il me semble, dans chaque recoin, dans chaque croisement de route, caché dans une prairie, surgissant au coin d'une ruelle, au milieu d'un champ, au coeur d'un petit village, au sommet d'une colline... Tu vois ce que je veux dire ? C'est comme si, en arrivant ce premier jour sur tes terres, à Saint-Blancard, tu m'avais ouvert les bras pour m'y serrer et me dire "Ici c'est chez toi". Je n'ai pas oublié ! Je n'ai pas oublié ! Je n'oublierai jamais ce jour de fin juin 2005 quand je me suis paumée en maugréant, en te traitant même de vilain trou perdu, sur tes petites routes tantôt tortueuses, tantôt longilignes. Souvent on me demande de raconter comment je suis tombée amoureuse de toi... en un éclair de seconde ! Un coup vif et net. Le coup de foudre après la tempête quoi !

Si tu savais comme j'ai envie de venir te voir, de poser le pied chez toi, te respirer ton air frais, de gambader allègrement dans ton herbe fraîche, de contempler encore et encore, inlassablement, les splendides panoramas que tu ne cesses d'offrir, t'observer te réveiller ou t'endormir, subir tes humeurs météorologiques avec grand amusement, découvrir tes trésors cachés... si tu savais comme il me tarde de revenir, comme je trouve le temps long parfois, jusqu'à ce 23 février (ou plus tard) où je te retrouverai avec tout l'enthousiasme que tu me connais. Je veux retrouver tes couleurs, les sensations, les émotions, tes paysages, tes châteaux gascons, tes vallons qui s'éternisent, tes crépuscules magiques, la nature. Ô mon Gers, peut-on aimer plus une terre que je ne t'aime toi ?

Plus que 18 jours (ou plus )avant mon retour furtif,  je vais les compter un à un, et en attendant me rappeler toutes les belles choses que tu as bien voulu partager avec moi dans des moments où j'étais plus que privilégiée ! Pour ce 1695 ème article où je te déclare encore une fois ma flamme, je voulais ne t'offrir que des mots. Ces mots me viennent du coeur, et tu le sais ! Sache que sans toi, mon cher Gers, je ne serai pas la même, je ne serai pas qui je suis aujourd'hui, et il est bien difficile d'exprimer ma gratitude par les mots. Un tout simple me vient à l'esprit pourtant, il reste humble et chaleureux comme toi : MERCI !

                                                                                                                                     

                                                                                     Ta tendre et dévouée exploratrice, Sylvie H-L

 

Posté par wawaa à 15:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Lettre à ma terre bien aimée...

    Et bien dis moi, ça c'est une déclaration d'amour de ton pays d'adoption....il te faudra encore attendre un peu et tout passe si vite ! ; )
    Très bon week-end, @nnie

    Posté par @nnie54, 06 février 2016 à 16:38 | | Répondre
  • quelle belle déclaration !

    Posté par quaquie, 07 février 2016 à 19:35 | | Répondre
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