Randonnée à Montaut-les-Créneaux : patrimoine et microcosme campagnard !

Voilà, je vous raconte tout.Le jeudi 11 juin à 8h30 du matin, j'arrivais aux abords de Montaut-les-créneaux qui semblait à peine sortir du lit. Les couleurs me faisaient penser au petit matin mais au mois de juin, le petit matin c'est 6h00 ! Les nuages qui traînaient par là causaient cette ambiance aurorale si bien que, avant de rejoindre le coeur du village, je n'ai pu m'abstenir de faire une pause en route. Ce clocher que j'aime tant, perché dans ces vallons, baignés par cette douce lumière, hmmm, c'était encore meilleur que la délicieuse chocolatine croustillante que j'avais eu le plaisir de dévorer au réveil.

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Mais pas le temps de s'émerveiller en chemin. Mon planning était overbooké. Randonnée le matin. Casse-croûte avec ma meilleure amie, pas vue de puis des lustres, à midi. Après-midi de balade auscitaine, fin d'après-midi à applaudir les vainqueurs du concours déclic et soirée à revenir au bercail aveyronnais. Bref, tout était chronométré, millimétré, précis. J'avais choisi une sympathique balade autour du village parmi mes millions de fiches de randonnée sur le Gers... Je me suis garée en contrebas. Et j'ai rejoint la grande tour-porte que je n'arrivai pas bien à photographier parce que le soleil m'aveuglait. Le coquin. Mais je ne lui en voulais pas outre-mesure. Je connaissais les lieux et j'aurai bien d'autres occasions de revenir. J'ai donc laissé tout ça derrière moi pour descendre dans une rue que je n'avais jamais visitée.

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Une file de voitures, une file de façades, une file de volets, une file de pots de fleurs. C'était drôlement coloré. Même les boîtes aux lettres se la jouaient "Oeuvre d'art". J'étais bien : un rayon de soleil me réchauffait les omoplates tandis qu'une brise fraîche me tapotait les joues. Quoi de mieux pour randonner en toute sérénité ? Loin de tout, loin du stress, loin du bruit. Quoique les oiseaux furent un peu bruyant ! Mais ce n'était que douces mélodies éparpillées ici ou là dans ce coin de campagne gersoise.

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J'arrivais aux abords d'un chemin champêtre. Comme une fleur, en sifflotant, les yeux grands ouverts, respirant à plein poumon. Appréciant ma solitude (- il n'était pas question là d'apprécier le fait d'être là, sans mon cher et tendre, qui me manquait évidemment et qui devait un peu me détester me sachant en train de gambader dans la nature, puisque lui, travaillait ce jour-là, mais d'apprécier de vivre, ici , maintenant, au milieu de tout ça, se sentir vivante, se ressourcer de choses simples etc, tu vois le tableau ?), retrouvant cette sensation agréable qui me laisse toujours penser que le paysage que j'admire à l'instant "t" n'est rien qu'à moi et qu'il m'est tout à fait précieux.

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Je m'engouffrais avec gourmandise au milieu des champs de blés qui semblaient indécis : être verts ou blonds, telle était la question. Les épis semblaient plutôt tendre vers la dorure, exit le vert printanier, bonjour le jaune été !

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Je restais là, plantée sur mes deux pieds bien calés au fond de mes chaussures de marche rouges. Pas bêtement, cependant. Je m'ordonnais de ne pas perdre trop de temps mais de profiter quand même du microcosme du champ de blé qui me faisait face. Parce qu'ici, le papillon était roi et que les petites feuilles perdues des arbustres aimaient s'y laisser emprisonner. 

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Ouais. L'enchantement n'était pas fini. Je suis arrivé au bord d'une départementale et j'ai encore fait une pause avant de la traverser avec mon amie Prudence. Je n'étais pas si seule finalement. J'ai retrouvé Montaut, son clocher et ses créneaux dans une ambiance moins coloré qu'au départ. Le ciel tirait vers le gris foncé et confirma que j'avais bien fait de commencer tôt puisque l'après-midi de tonitruants orages étaient prévus sur une bonne partie du Sud-Ouest. Champ de blé, serin ou verdier - amis ornithologues, please help-me ! -, tourterelles turques, rouges-queues noirs, tout était plaisant. J'avais traversé la départementale le sourire aux lèvres, d'un côté, comme de l'autre, le Gers était charmant.

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J'ai pris un peu de hauteur, le ciel était encore changeant. Auroral, orageux, puis auroral, puis auroral orageux parce qu'il le vaut bien. La vue quelque peu ténébreuse n'en était pas moins magnifique. Cela ne m'inquiétait pas outre mesure. Je marchais, moi, vers un ciel plutôt dégagé.

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Et puis?  Et puis les coquelicots. C'est tout simple un coquelicot, ça se froisse, ça tremblote, ça virevolte, ça rougeoit, ça m'amuse, ça me plait. Et surtout, ça laisse de belles robes colorées au milieu des champs de blé. Parce qu'on y reviens au champ de blé et on va y revenir souvent, vous verrez.

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La route était arborée. L'ombre était salvatrice. Il ne faisait pas hyper chaud, mais le soleil, quand il sortait des nuages, tentait de cramer mon sac à dos. Elle déboucha sur des...champs de blé aux courbes graciles, je les voyais tout doux, comme une peluche immense. J'avais envie d'y plonger. Cependant, comme j'avais un minimum de retenue, je suis restée sagement sur mon bout de bitûme.

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Et tu vois ? Quand je te disais que j'avais un ciel dégagé. Bon presque dégagé. Mais quand même ! Il y a avait de bons gros bouts de ciel bleu ! Et paf, le paysage sublime ! Paf, c'était à moi encore ! Mais je suis gentille, je partage un peu avec toi.

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Au coeur du microcosme champêtre II, le retour. Ah mais oui ! J'étais à fond ! Epis de blé, papillons, insectes rigolos, mouches, tout y passait. Je dégainais l'appareil, je zoomais, je dézoomais, je rezoomais, je visais, j'observais, je zoomais à nouveau, je tremblotais, j'avançais, je reculais, je me perchais comme je pouvais sur mes orteils, j'ouvrais grand les yeux, je m'accroupissais, je jetai un oeil, puis deux et tout mon dévolu sur ce petit univers bien vivant.

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J'ai pris la mouche. Cette mouche presque imperceptible dans ce fouillis agricole puis j'ai repris la marche. Ah mais non, mais, quoi encore ? C'était pénible, ça n'arrêtait pas d'être beau partout ! Et le champ de blé, en train de blondir, et dont quelques épis récalcitrants se bornaient encore au vert tendre, ressemblait à un tableau impressionniste. Petite douceur du moment. C'était comme le pelage d'un chat, ça donnait envie d'y passer la main délicatement. Je l'entendais presque ronronner. Bigre, diantre, fichtre, trop de la balle c't'endroit, la vie d'ma reum' ça déchirait grave moumoute !

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Je franchissais un joli hameau : petite église pour commencer et château pour continuer. C'est pas ici, qu'en bon havre de paix, oeuvre la paix ? 

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 J'ai continué sur un chemin caillouteux duquel je m'émerveillais de "l'infini et au-delà" des vallons gersois, Buzz l'éclair n'a qu'à bien se tenir. Je passai un petit bout de forêt avec un petit bout de ruisseau et des grands bouts d'arbre.

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Et moi qui n'ai pas beaucoup de blé en temps normal, j'étais servie ! J'étais donc, à nouveau, plantée entre deux champs de blé. Même topo. Sans s'en lasser, bien sûr. Les papillons étaient de retour, d'autres fleurs s'en mêlaient, d'autres insectes, d'autres instants volés. Je me sentais en veine !

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Et comme je me sentais en grande veine, je me suis immédiatement dit "Oh la la, comment que ça serait mais alors mais pouah méga trop bien si je croisais un petit chevreuil par-là !", ajoutant, "Oui, enfin c'est pas sur commande non plus", et ajoutant "Mais à c't'heure ci c'est fort fort possible tu sais !". Je me parle beaucoup à moi-même. Et je me dis aussi, tiens, il est marrant ce bout d'bois perdu dans la prairie.

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Ah ah ! Moquez-vous bande de viles lecteurs ! Moquez-vous, mais quelques mètres plus loin, qu'aperçus-je en train de grignoter les pousses de maïs, tranquille pépère, sans trop s'faire remarquer ? Une bichounette gourmande. Je fus tellement envahie par l'enthousiasme que je n'en fis pas des photos extraordinaires mais, comme j'usai d'une discrétion intense - ce qui n'est pas, en général, ma qualité première-, je pus l'observer pas moins d'un quart d'heure durant, cachée derrière mon buisson. J'ai avancé, elle ne m'a pas vue. J'ai encore avancé, elle ne m'avait toujours pas vue. Je profitais, le zoom à fond, de ce petit spectacle que m'offrait dame Nature. Décidement, je n'étais vraiment pas seule ! 

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Il arriva un moment où ma discrétion s'estompa et le bruit de mon pas lourd sur le sol craquant et caillouteux fit fuir l'animal à toute berzingue. Du coup il me prit l'envie de faire un nouveau voeu pensant avoir frotté malgré moi une lampe magique, ayant trouvé un génie qui m'aurait proposé trois voeux. Au voeu "Oh la la, comment que ça serait trop bien si je trouvais une malette avec 1 million d'euros adressée à mon nom, je pourrais visiter le Gers toute ma vie, tous les jours, toutes les heures, tout le temps !". Oui, bah y'a pas de mal à rêver. J'attends toujours la malette en question, et nous sommes déjà le 29 juin. C'est ballot. M'en fichais ! J'étais déjà bien riche d'avoir vu tout ce que j'avais vu et ma fortune allait continuer à croître avec les beaux paysages qui m'attendaient !

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Et tu vois ? Beh, quand j'ai vu ce rouge-gorge, j'ai oublié la malette pleine de pognon qui aurait pu mettre du beurre, de la crème et des noisettes dans mes épinards. Il était tout mignon sur sa branche, et moi attendrie. Je me transformai soudain en guimauve.

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En guimauve ! Car oui la vraie richesse en ce bas monde, c'est l'amooooooûr... et il n'en manquait pas ici, puis que des coeurs étaient éparpillés un peu partout. Enfin il me manquait mon mari pour toujours, voyez, que je ne suis pas une épouse aussi ingrate que ça !

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Je continuais mon chemin, et je fis une pause eau. Il est important de s'hydrater régulièrement qu'ils disent. Je vis un chat, un chat tout mignon qui me faisait redevenir un peu guimauve. Il était peinard. N'en avait rien à foutre de moi et se complaisait au soleil.

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Un petit papillon me barrait la route. Il s'envola à l'approche de ma grosse godasse. Je tournai à gauche, ça sentait le chemin du retour.

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Des champs de lin ! Des champs de lin ! Des champs de lin ! J'avais pleuré misère quelques jours avant parce que j'avais raté la floraison de ceux de Panassac. J'étais arrivée après la bataille. J'avais longuement pesté intérieurement à cause de ça. Et là, vlà-t-y pas que j'en ai sur ma route. Tu la vois la malette avec un million d'euros là ? Elle est nase à côté de tout ça !

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Et au milieu de cette vague de bleu, une petit mare aux doux reflets ...

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Montaut-Les-Créneaux à l'horizon. Je commençais à transpirer, à beaucoup transpirer, le soleil s'était bien imposé depuis le début de l'aventure. Et il me tardait d'arriver à la voiture, en plus, malgré mes nombreuses pauses, j'étais dans les temps ! 

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 Un papillon ... une orchidée ? Une orchidée ! Je n'en avais pas vu une seule de la journée. Le pompom, la cerise sur le gâteau, le clou du spectacle, la valise à 1 million, le beurre dans les épinards, le chocolat dans le lait : un bel orchis bouc quoi ! Le bonheur, ça tient vraiment à rien parfois !

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Je rejoignais peu à peu le village longeant un... champ de blé magnifique ! Paysage de rêve, coquelicots, blondeur exquise, papillon intrigant, petit vent frais qui venait me rafraîchir, franchement, que de demander de plus ?

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Et Montaut, debout sur sa colline. Et moi, en extase. Et moi, bien-heureuse. Et moi  jubilant et marmonnant un truc du genre "PU****, c'est beau !". Notons que les jurons sont acceptables quand il s'agit de s'émerveiller.

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Je ne pus m'empêcher de regarder encore les coquelicots et le champ de blé. Je m'y perdais. Et quoi ? T'as jamais fait ça de ta vie ? Te laisser rêvasser en admirant un champ de blé avec des coquilicots ? Qu'attends-tu ? Y'a pas mieux pour kiffer la life ! Je te jure !

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Et moi, je te dis que ce matin du jeudi 11 juin, j'ai grave kiffé la life !

Posté par wawaa à 11:46 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Randonnée à Montaut-les-Créneaux : patrimoine et microcosme campagnard !

  • Bon, je n'y connais pas grand-chose, mais concernant l'oiseau avant la tourterelle turque, d'après mon livre, il s'agirait d'un Bruant Zizi...
    Merci en tout cas pour cet article fort sympathique ! (et si finalement tu trouves une mallette avec 1 million d'euros et que tu préfères la laisser pour admirer des coquelicots ; pas de problème, je veux bien te débarrasser).

    Posté par niddecuicuis, 29 juin 2015 à 13:05 | | Répondre
  • Très très bel article qui m'a enchanté !
    Belle soirée, @nnie

    Posté par leblogacmc54, 29 juin 2015 à 18:23 | | Répondre
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