Matin d'hiver, matin de rêve
Non, non, non vous n'aurez pas pour le moment d'images de la neige dans le Gers, pour la simple et bonne raison que cette coquine y vient quand je n'y suis pas ! Et pourtant je l'ai guetté longtemps, je l'ai espéré. Il m'a suffit de quitter le département pour rejoindre mon futur mari le temps de mes deux semaines de "vacances" pour qu'elle daigne investir le département. Je ne devrais pas me plaindre, car l'an dernier j'ai eu tout le loisir d'en profiter et ce, un peu partout dans le Gers. Pour l'heure, nous allons quand même parler d'hiver, de matin d'hiver, de gelée, de brume matinale, de lever de soleil exceptionnel et de panorama sur les montagnes enneigées, elles. Il était aux environs de 7h30, je ne sais plus quelle jour de la semaine dernière. Je ne travaillais pas et comme à mon habitude, je me suis réveillée sur le coup de 6h00. J'ai donc pu, après mon petit déjeuner, voir progressivement le jour se lever. Aussitôt que tout commençait à s'éclaircir, dans une douce ambiance, j'ai pris une veste conséquente, mes chaussures de caoutchouc, mon écharpe, mon appareil photo et j'ai franchi le seuil de la porte. J'ai poussé le portail et mon voyage féérique a commencé. La brume montait progressivement et sur ma gauche je voyais émerger les poteaux sombres de cette guimauve aérienne.
Mon arbre, quant à lui s'éveillait tranquillement, il ne semblait pas encore investi par le brouillard. Il faisait face à un conifère derrière lequel un ciel de feu affrontait la pâleur des brumes. C'était une nouvelle fois exquis.
Le froid piquait ma peau et sans doute, mes joues rougissaient, mais c'était revigorant. Alors j'ai entrepris de faire ma petite balade habituelle, sur mon petit chemin habituel... pas si habituel que ça, puisque j'y vois toujours des spectacles différents ! Arrouède s'extirpait de cette atmosphère cotonneuse, tout comme les arbres et les Pyrénées.
Au fur et à mesure que la brume prenait de l'altitude, le soleil éclairait les cimes pyrénéennes. Je n'étais pas seule contemplatrice : quelques oiseaux s'étaient installés aux premières loges.
Mes yeux se délectait. Les paysages changeaient seconde après seconde. J'étais arrivé pile au bon moment, pile avant que le voile ne s'installe !
Quelques cardères sur mon chemin, des arbres embrumées, des couleurs idylliques, je voyais autour de moi des peintures, des tableaux de grands maîtres.
Et le soleil commença à se montrer ! D'abord timide derrière une série d'arbre. De plus en plus confiant. Et me voilà bouche bée devant ces merveilles : une simple lever de soleil enrubannant une vache de sa chaud lumière.
Je me retourne, me voilà cernée par la brume ! Le clocher surgit à peine, les arbres se font discrets, et si je lève la tête, le ciel est d'un bleu profond. Que vois l'oiseau qui passe ?
Et les Pyrénées, et les arbres, et les herbes folles, et les Pyrénées, et les Pyrénées, et les sommets, et le soleil un peu plus insistant, et le brouillard un peu plus imposant ...
Et de l'autre côté, les vaches dans une atmosphère étrange, un peu floue, colorée...elles sont des ombres intrigantes.
Le brouillard est devenu tel, que je ne voyais presque plus rien si ce n'est la silhouette des arbres et les barbelés bien démarqués.
Voilà des matins comme je les aime, ces matins où le paysage gersois m'offre rêve et évasion sans pour autant que je fasse des milliers de kilomètres. Le Gers, c'est mon dépaysement au quotidien.





















































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