Le ciel est bleu comme une orange...
Oui, j'ai osé, osé pasticher ce troublant vers d'Eluard, "La terre est bleue comme une orange", mais aussi troublant soit-il, aussi absurde pouvait-il paraitre, ce bout de poème avait un grand sens. Mais laissons là ces considérations littéraires, point d'image ici, point de sens profond, juste une constatation : le ciel était bien orange hier soir, orange pâle, orange plus profond, orange plus intense, selon l'heure, l'endroit...Alors j'ai fait ma balade quotidienne, sur mon petit chemin. Cette fois-ci, à l'envers, en partant d'abord par la grand route : j'avais envie de bousculer mes habitudes, et aussi, j'ai trouvé, depuis vendredi soir, de nouveaux points de vues intéressants. Et je ne vous cache pas que je prépare en presque-secret, une future exposition ayant pour thème le crépuscule et les couchers de soleil. Je ne vous cache pas non plus que la météo du moment ne me donne pas en ce moment de nombreuses occasions de profiter de l'endormissement solaire. Alors je suis sans cesse aux aguets. Deux soirs d'affilée, c'était trop beau pour être vrai, et pourtant, j'ai eu droit à deux soirs aux couchers de soleil différent, teintes différentes, ambiance différente. Jamais aucun ne se ressemble de mon point de vue, mais sans doute, l'amour que je voue à ces terres me prive un poil d'objectivité. Avant de rejoindre la grand route, j'ai d'abord jeté un oeil sur mon arbre, évidemment, que dis-je ? Mes arbres ! J'en ai plusieurs depuis longtemps.
Puis j'ai rejoint la grand route avec prudence. Arrouède se baignait dans le soleil, le village avait bien raison, on n'en profite jamais assez en ce moment. Je me rangeais à l'arrivée des voitures, on n'est jamais trop prudents.
Le voilà mon vieux mur, dans différentes ambiances selon l'angle où je regardais. Ambiance pastel, plus douce, ambiance plus lumineuse ou ambiance plus aveuglante ...
Et me voilà en admiration devant le déploiement des arbres dans ce ciel orangé : des ombres chinoises, des arabesques, des fouillis, des dessins abstraits, un spectacle infini ...
Vision exquise au déclinement du soleil... le voilà en symbiose lumineuse avec deux arbres à l'horizon. Un moment unique et intense. Je m'extasiais, comme toujours.
Je me rapprochais d'Arrouède, toujours en lumière et au loin, j'apercevais Mont d'Astarac dans une ambiance plus douce : son château d'eau se démarquait clairement.
Le bruit d'un moteur. J'ai levé les yeux. Un petit avion. Comme je l'enviais ! Que voyait-on de là-haut ? Etait-ce encore plus grandiose ? Je l'ai regardé tournoyer dans ma campagne, faisant quelques arabesques.
Le petit chêne lui aussi, s'amusait avec le soleil. Et par dessus les toits, d'autres arbres, eux aussi, bien démarqués sur le ciel et accompagnés de légers stratus discrets.
J'ai ensuite pris la petite route sur la gauche qui allait me ramener sur mon petit chemin favori. De là, d'autres versions du coucher de soleil, pas moins belles. S'intégrait à merveille au paysage, la silhouette d'une grange. Bienvenue dans ma campagne !
Et puis plus loin, des arbres, MES arbres, encore et encore déployés dans l'immensité céleste. C'est à tomber en pamoison tant de beauté, vous ne trouvez pas ? Quoiqu'à s'évanouir on n'en raterait les nuances !
Je me suis retrouvée très vite prisonnière des talus, trop petites pour voir par dessus, obligée de sautiller. Mais les herbes folles ont suffi à mon bonheur !
Tout autant que les cardères, magnifiques ombres pour me tenir compagnie. Je m'enthousiasme de tout de rien, mais avouez, que tout a du charme dans ce contexte !
Et puis j'ai retrouvé l'horizon, mes arbres, le ciel, qui commencer à s'assombrir. Quelques nuages apparaissaient lentement mais sûrement, annonçant la pluie de la nuit ou du lendemain.
Et puis, ils étaient encore une fois au rendez-vous ! Les vanneaux huppés dans leurs envolées magistrales. Ils étaient bien plus haut que d'habitude, probablement que le bruit du moteur de l'avion les avait effrayés. Ils poussaient des cris stridents comme affolés.
Au sud, à l'Est, à l'Ouest, les couleurs commençaient à changer. Les arbres s'y mariaient tout aussi bien, soit dit en passant.
Au bout, tout au bout du paysage, les nuages devenaient un peu plus menaçants. Mais offraient un joli contraste à l'ensemble. Je m'en délectais. Et je rentrais une nouvelle fois satisfaite : j'avais encore été cette privilégiée, celle qui a eu une chance immense de voir le temps d'un coucher de soleil, des choses extraordinaires.
Vivement le prochain !





























































