Gersicotti ? Gersicotta !

Prendre la clef des champs, à Bédéchan!

Je remontais tranquilou la D40. Je voulais me faire un joli trajet jusqu'à Flamarens parce que j'avais envie de revoir ce village qui m'est cher. Bref. Après quelques pauses aux orchidées,  - il y en avait encore,nous n'étions que le 14 juin !-, j'ai pris la direction de Gimont, traversant des tas de jolis villages. Et puis sur la gauche, j'ai vu la direction "Bédéchan". J'avais déjà croisé ce panneau et j'aimais prononcer ce nom "Bédéchan". Ca sonne bien "Bédéchan", c'est léger, c'est chantant, le nom idéal pour une flâneuse dans mon genre ! J'ai donc pris la petite route toute sinueuse qui allait jusque là et j'ai découvert un petit village tout simple, tout calme, tout silencieux. D'aucun me diront, connaissant la commune : "Oh ça va, Bédéchan c'est pas non plus Paris ou Rome". Effectivement pas de Colisée, pas de Cathédrale Notre-Dame, pas de Tour Eiffel, pas de long fleuve où se promènent les péniches...Ce à quoi je répondrai : pas de bruit, pas de pollution dans l'air, pas de gens mal élevés et pressés, pas d'embouteillages. L'atmosphère était paisible et douce et j'étais tellement heureuse de découvrir un nouveau village sur les 463 communes du Gers ! Et dès ma sortie de la voiture, j'étais gâtée ! Gâtée comme personne ! Du soleil, une petite brise fraîche, et cette vieille grange en bois et son reflet dans une miniscule mare. C'était beau, et ça valait bien pour moi, tous les monuments du monde.

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Et si j'avais la chance de profiter des beautés simples de l'architecture agricole, je rencontrais aussi la faune locale. Dans l'eau, les batraciens stagnaient. Certains, à mon approche, se jetaient dans le bain. Sait-on jamais, j'aurais pu avoir envie de manger des cuisses des grenouilles, surtout que l'heure du déjeuner approchait dangereusement. Mais je ne voulais que des portraits ! Uniquement des portraits ! Et je n'ai jamais chassé la grenouille de ma vie, ils ne craignaient donc rien.J'aimais leurs gros yeux globuleux offrant toute une palette de verts.

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J'ai laissé les amphibiens continuer à flotter et j'ai entrepris de visiter les quelques rues du village. Quelques, si je ne me trompe pas, il y en avait 3 ou 4. Dans un jardin,une porte rougeoyante se laissait habiller de fleurs.

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J'ai trouvé la petite église très mignonne. J'en ai fait le tour. Elle piquait les nuages avec sa flêche. Je ne sais pas expliquer pourquoi elle me plaisait. Peut-être parce qu'elle avait cette simplicité des églises de campagnes, parce qu'elle me rappelait Arrouède et tant de souvenirs.

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J'ai pris à droite, longeant le chevet de l'édifice. Je laissais en face une sorte de calvaire et une route arborée.

 

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Et là, derrière l'église , mais Waouh ! Mais Waouh Waouh Waouh !  La vue était extraordinaire : les champs, les vallons, la verdure, le ciel, le blé, les chemins, les routes, les haies, les ballots, les nuages, les arbres, les creux, les bosses, les pentes, les granges. J'avais bien envie de prendre la clef des champs à Bédéchan !

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Si seulement j'avais eu le temps de partir vadrouiller sur ces petites routes...mais Flamarens m'attendait ou plutôt j'attendais de revoir Flamarens. Et surtout, après il me fallait rentrer à Rodez. Alors j'ai gardé ces petits chemins pour une autre fois. Quand ? C'est là le savoureux mystère ! Un jour, alors que j'irai me perdre à nouveau par là ! J'ai retrouvé l'église de l'autre côté en tournant encore à droite, elle me plaisait encore plus.

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J'ai longé un champ de blé indécis dont certains épis semblaient vouloir s'échapper ! Ces épis dorés avaient aussi envie de prendre la clef des champs !

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En revenant à la voiture, la vue sur l'église était plaisante et le ciel prenait une allure étrange : nuage blanc, ciel bleu, nuage gris et grand soleil. J'avais droit à toutes les nuances !

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Et avant de repartir, je suis repassée voir, plus discrètement mes ami(e)s du jour.  On avait du mal à les voir dans la vase, mais dès qu'on les trouvait du regard, c'était un plaisir de les admirer !

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J'ai repris la route, bien contente de cette petite pause bienfaitrice à Bédéchan !

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L'incroyable aventure d'Hubert à la Palmeraie du Sarthou

"Je m'appelle Hubert, Hub pour les intimes. Je suis un Hubert qui regarde par les hublots et mon nom n'est pas Pop. Je pilote un petit avion à hélices et il me plait de jouer les explorateurs. Je suis parti de ma Provence pas natale vers le Gers il y a quelques jours de cela essuyant quelques caprices climatiques. J'étais tranquille, j'étais peinard dans mon vieux tacot ailé quand j'ai été touché par la foudre. Un sacré coup de foudre ! Je maudissais alors copieusement le fabuleux site appelé d'un drôle de nom chantant : Gersicotti Gersicotta m'avait donné envie de quitter mes garrigues pour les vallons gersois.  J'ai pas trop morflé mais il a fallu que j'atterrisse d'urgence : mourir ou vivre encore mais un peu égratigné, y'avait pas photo ! Alors j'ai sorti le train d'atterrissage, j'ai fait tout ce que j'ai pu,  j'ai tenté de décraber, visant une petite prairie qui pouvait servir de piste… Je me suis engouffré dans un fouillis de verdure. J'ai perdu connaissance un certain temps, je pense, puis j'ai rouvert les yeux difficilement. Plus de peur de mal. La carlingue a pris cher et moi, je m'en sors avec de rares hématomes et deux ou trois coupures sans gravité. Alleluia !

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Le miracle de l'année. J'en aurais cagué dans mon froc ! J'en ai un peu chialé, j'ai vu toute ma vie passer devant moi, j'ai pensé à ma femme, mes gosses, mes potes, mes vieux, toute la compagnie ! Mais ouf, j'étais vivant. En revanche, j'avais un doute concernant ma destination. Ce que j'avais vu sur ce faaaabuleuuuux blog ne ressemblait pas à ce qui m'entourait. Est-ce qu'à un moment mon GPS aurait cafouillé ? Va savoir !

J'ai trouvé une bouteille d'eau et j'ai pris le temps de me rafraîchir avant de m'engouffrer dans cette jungle inopinée. Peuchère…  Le paradis ? En fait j'étais peut-être mort et Dieu m'attendait quelque part pour me faire un bilan complet de ma trépidante vie. Je me suis pincé deux ou trois fois les avant-bras, histoire d'être sûr. Mais l'aventure ne faisait que commencer ! J'écumais les lieux pensant n'être jamais arrivé dans le Gers. Déconne pas, y'a pas de bananiers, ni de bambous dans le Gers, -enfin c'est ce que je croyais-  manquerait plus que je croise un panda !

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Et les gars, je suis pas Mooglie ou Tarzan moi ! Laissez-moi rentrer à la casa ! J'avais l'estomac qui gargouillait en plus. J'aurais bien grignoté un petit truc avec un verre de Pastis.  Enfin bon … au lieu de râler, je ferais mieux de profiter des lieux. C'est pas moche dis donc ! Des palmiers, de la verdure, je me croyais direct en Amazonie. Je me souvenais pas avoir traversé l'Atlantique pourtant à moins que mon vieux coucou eusse décidé de consommer moins pour voler plus loin !

J'ai marché, j'ai marché, lourdement. J'ai failli sortir les baguettes et commander des sushis bien que le poisson cru ce ne soit pas ma tasse de thé. Les bassins alentours étaient very beautiful comme dirait ma voisine anglaise. Bienvenue en Chine ou au Japon, ici la fleur de Lotus et les fleurs de nénuphar ne se font pas prier.

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T'as même droit à des petits spectacles sur l'eau. Purée ! Mais je suis peut-être vraiment au paradis ! Et la grenouille là-bas, ça y'est c'est Dieu ? Un banc salvateur s'est proposé pour supporter le poids de mes fesses. J'étais comme fatigué. Alors j'ai fait la sieste et quand j'ai rouvert les yeux, rien n'avait changé.

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Moi j'étais bien là, au bord de l'eau. Bon, mon avion était nase, coincé dans les feuillages. Mais j'étais bien. Calme olympien. Calme amazonien.  Plus j'avançais plus j'avais l'impression de changer de pays entre les étranges statues de fer et les masques accrochés sur les troncs. J'aurais traversé la Méditerranée jusqu'au cœur de l'Afrique ? Hé, je suis pas un fada quand même, j'ai encore toute ma raison.

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Mais y'a-t-il quelqu'un par ici ? Une libellule, ok, un grillon, ok, des grenouilles ok, des tortues ok et même des poules, des lapins… Je suis entré dans une petite maison où j'ai vu un tableau sur le mur, un papillon. Tiens, mais la carte de visite, c'est Gersicotti Gersicotta ! Mais alors, je suis dans le Gers ? Tu me fais marcher … Dans cette maison traînaient des meubles qui dataient un peu, plus vieux que moi encore.

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Je suis sorti de là, me perdant dans les bambous. Je pensais même voir mon panda, en train d'en machouiller quelques pousses.

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Je suis reparti vers mon tas de ferraille perché pour trouver un truc à manger dans l'habitacle. Vlà-t-y pas que je tombe sur une petite guérite toute jaune et pimpante à l'intérieur de laquelle c'était la fête de la lecture ? C'était comme une bibliothèque miniature en pleine nature. Je me posais encore la question du paradis… genre je suis dans la salle d'attente,  et j'dois patienter, du coup je peux lire un peu, tout ça, tout ça…

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Et tout à coup, Dieu, une femme, -je le savais !-, apparut et me demanda comment j'étais entré dans son jardin puisqu'elle ne m'avait pas vu à l'entrée. Je lui expliquai mon arrivée brutale et je lui demandai de m'expliquer où je me trouvais. Elle me répondit que j'étais dans un jardin exotique. Ah ça, j'avais bien remarqué ! Mais un jardin exotique dans le Gers ! Alors, je ne m'étais pas trompé de destination, j'étais bien quelque part en terre gersoise mais surtout j'avais atterri à la Palmeraie du Sarthou où j'ai été accueilli comme un roi et ça avait l'air bien plus sympa que le paradis."

 

Bref, si toi aussi tu veux vivre une aventure extraordinaire sans faire 5000 km, fais comme Hubert, perds-toi au cœur de la Palmeraie du Sarthou !

 

 


 Ce récit est évidemment imaginaire et inspiré de mon dernier passage à la Palmeraie en compagnie de mon amie Sylvie Riba ! Nous avons eu le plaisir de revoir le jardin et ses adorables jardiniers !

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Randonnée à Montaut-les-Créneaux : patrimoine et microcosme campagnard !

Voilà, je vous raconte tout.Le jeudi 11 juin à 8h30 du matin, j'arrivais aux abords de Montaut-les-créneaux qui semblait à peine sortir du lit. Les couleurs me faisaient penser au petit matin mais au mois de juin, le petit matin c'est 6h00 ! Les nuages qui traînaient par là causaient cette ambiance aurorale si bien que, avant de rejoindre le coeur du village, je n'ai pu m'abstenir de faire une pause en route. Ce clocher que j'aime tant, perché dans ces vallons, baignés par cette douce lumière, hmmm, c'était encore meilleur que la délicieuse chocolatine croustillante que j'avais eu le plaisir de dévorer au réveil.

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Mais pas le temps de s'émerveiller en chemin. Mon planning était overbooké. Randonnée le matin. Casse-croûte avec ma meilleure amie, pas vue de puis des lustres, à midi. Après-midi de balade auscitaine, fin d'après-midi à applaudir les vainqueurs du concours déclic et soirée à revenir au bercail aveyronnais. Bref, tout était chronométré, millimétré, précis. J'avais choisi une sympathique balade autour du village parmi mes millions de fiches de randonnée sur le Gers... Je me suis garée en contrebas. Et j'ai rejoint la grande tour-porte que je n'arrivai pas bien à photographier parce que le soleil m'aveuglait. Le coquin. Mais je ne lui en voulais pas outre-mesure. Je connaissais les lieux et j'aurai bien d'autres occasions de revenir. J'ai donc laissé tout ça derrière moi pour descendre dans une rue que je n'avais jamais visitée.

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Une file de voitures, une file de façades, une file de volets, une file de pots de fleurs. C'était drôlement coloré. Même les boîtes aux lettres se la jouaient "Oeuvre d'art". J'étais bien : un rayon de soleil me réchauffait les omoplates tandis qu'une brise fraîche me tapotait les joues. Quoi de mieux pour randonner en toute sérénité ? Loin de tout, loin du stress, loin du bruit. Quoique les oiseaux furent un peu bruyant ! Mais ce n'était que douces mélodies éparpillées ici ou là dans ce coin de campagne gersoise.

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J'arrivais aux abords d'un chemin champêtre. Comme une fleur, en sifflotant, les yeux grands ouverts, respirant à plein poumon. Appréciant ma solitude (- il n'était pas question là d'apprécier le fait d'être là, sans mon cher et tendre, qui me manquait évidemment et qui devait un peu me détester me sachant en train de gambader dans la nature, puisque lui, travaillait ce jour-là, mais d'apprécier de vivre, ici , maintenant, au milieu de tout ça, se sentir vivante, se ressourcer de choses simples etc, tu vois le tableau ?), retrouvant cette sensation agréable qui me laisse toujours penser que le paysage que j'admire à l'instant "t" n'est rien qu'à moi et qu'il m'est tout à fait précieux.

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Je m'engouffrais avec gourmandise au milieu des champs de blés qui semblaient indécis : être verts ou blonds, telle était la question. Les épis semblaient plutôt tendre vers la dorure, exit le vert printanier, bonjour le jaune été !

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Je restais là, plantée sur mes deux pieds bien calés au fond de mes chaussures de marche rouges. Pas bêtement, cependant. Je m'ordonnais de ne pas perdre trop de temps mais de profiter quand même du microcosme du champ de blé qui me faisait face. Parce qu'ici, le papillon était roi et que les petites feuilles perdues des arbustres aimaient s'y laisser emprisonner. 

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Ouais. L'enchantement n'était pas fini. Je suis arrivé au bord d'une départementale et j'ai encore fait une pause avant de la traverser avec mon amie Prudence. Je n'étais pas si seule finalement. J'ai retrouvé Montaut, son clocher et ses créneaux dans une ambiance moins coloré qu'au départ. Le ciel tirait vers le gris foncé et confirma que j'avais bien fait de commencer tôt puisque l'après-midi de tonitruants orages étaient prévus sur une bonne partie du Sud-Ouest. Champ de blé, serin ou verdier - amis ornithologues, please help-me ! -, tourterelles turques, rouges-queues noirs, tout était plaisant. J'avais traversé la départementale le sourire aux lèvres, d'un côté, comme de l'autre, le Gers était charmant.

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J'ai pris un peu de hauteur, le ciel était encore changeant. Auroral, orageux, puis auroral, puis auroral orageux parce qu'il le vaut bien. La vue quelque peu ténébreuse n'en était pas moins magnifique. Cela ne m'inquiétait pas outre mesure. Je marchais, moi, vers un ciel plutôt dégagé.

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Et puis?  Et puis les coquelicots. C'est tout simple un coquelicot, ça se froisse, ça tremblote, ça virevolte, ça rougeoit, ça m'amuse, ça me plait. Et surtout, ça laisse de belles robes colorées au milieu des champs de blé. Parce qu'on y reviens au champ de blé et on va y revenir souvent, vous verrez.

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La route était arborée. L'ombre était salvatrice. Il ne faisait pas hyper chaud, mais le soleil, quand il sortait des nuages, tentait de cramer mon sac à dos. Elle déboucha sur des...champs de blé aux courbes graciles, je les voyais tout doux, comme une peluche immense. J'avais envie d'y plonger. Cependant, comme j'avais un minimum de retenue, je suis restée sagement sur mon bout de bitûme.

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Et tu vois ? Quand je te disais que j'avais un ciel dégagé. Bon presque dégagé. Mais quand même ! Il y a avait de bons gros bouts de ciel bleu ! Et paf, le paysage sublime ! Paf, c'était à moi encore ! Mais je suis gentille, je partage un peu avec toi.

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Au coeur du microcosme champêtre II, le retour. Ah mais oui ! J'étais à fond ! Epis de blé, papillons, insectes rigolos, mouches, tout y passait. Je dégainais l'appareil, je zoomais, je dézoomais, je rezoomais, je visais, j'observais, je zoomais à nouveau, je tremblotais, j'avançais, je reculais, je me perchais comme je pouvais sur mes orteils, j'ouvrais grand les yeux, je m'accroupissais, je jetai un oeil, puis deux et tout mon dévolu sur ce petit univers bien vivant.

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J'ai pris la mouche. Cette mouche presque imperceptible dans ce fouillis agricole puis j'ai repris la marche. Ah mais non, mais, quoi encore ? C'était pénible, ça n'arrêtait pas d'être beau partout ! Et le champ de blé, en train de blondir, et dont quelques épis récalcitrants se bornaient encore au vert tendre, ressemblait à un tableau impressionniste. Petite douceur du moment. C'était comme le pelage d'un chat, ça donnait envie d'y passer la main délicatement. Je l'entendais presque ronronner. Bigre, diantre, fichtre, trop de la balle c't'endroit, la vie d'ma reum' ça déchirait grave moumoute !

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Je franchissais un joli hameau : petite église pour commencer et château pour continuer. C'est pas ici, qu'en bon havre de paix, oeuvre la paix ? 

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 J'ai continué sur un chemin caillouteux duquel je m'émerveillais de "l'infini et au-delà" des vallons gersois, Buzz l'éclair n'a qu'à bien se tenir. Je passai un petit bout de forêt avec un petit bout de ruisseau et des grands bouts d'arbre.

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Et moi qui n'ai pas beaucoup de blé en temps normal, j'étais servie ! J'étais donc, à nouveau, plantée entre deux champs de blé. Même topo. Sans s'en lasser, bien sûr. Les papillons étaient de retour, d'autres fleurs s'en mêlaient, d'autres insectes, d'autres instants volés. Je me sentais en veine !

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Et comme je me sentais en grande veine, je me suis immédiatement dit "Oh la la, comment que ça serait mais alors mais pouah méga trop bien si je croisais un petit chevreuil par-là !", ajoutant, "Oui, enfin c'est pas sur commande non plus", et ajoutant "Mais à c't'heure ci c'est fort fort possible tu sais !". Je me parle beaucoup à moi-même. Et je me dis aussi, tiens, il est marrant ce bout d'bois perdu dans la prairie.

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Ah ah ! Moquez-vous bande de viles lecteurs ! Moquez-vous, mais quelques mètres plus loin, qu'aperçus-je en train de grignoter les pousses de maïs, tranquille pépère, sans trop s'faire remarquer ? Une bichounette gourmande. Je fus tellement envahie par l'enthousiasme que je n'en fis pas des photos extraordinaires mais, comme j'usai d'une discrétion intense - ce qui n'est pas, en général, ma qualité première-, je pus l'observer pas moins d'un quart d'heure durant, cachée derrière mon buisson. J'ai avancé, elle ne m'a pas vue. J'ai encore avancé, elle ne m'avait toujours pas vue. Je profitais, le zoom à fond, de ce petit spectacle que m'offrait dame Nature. Décidement, je n'étais vraiment pas seule ! 

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Il arriva un moment où ma discrétion s'estompa et le bruit de mon pas lourd sur le sol craquant et caillouteux fit fuir l'animal à toute berzingue. Du coup il me prit l'envie de faire un nouveau voeu pensant avoir frotté malgré moi une lampe magique, ayant trouvé un génie qui m'aurait proposé trois voeux. Au voeu "Oh la la, comment que ça serait trop bien si je trouvais une malette avec 1 million d'euros adressée à mon nom, je pourrais visiter le Gers toute ma vie, tous les jours, toutes les heures, tout le temps !". Oui, bah y'a pas de mal à rêver. J'attends toujours la malette en question, et nous sommes déjà le 29 juin. C'est ballot. M'en fichais ! J'étais déjà bien riche d'avoir vu tout ce que j'avais vu et ma fortune allait continuer à croître avec les beaux paysages qui m'attendaient !

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Et tu vois ? Beh, quand j'ai vu ce rouge-gorge, j'ai oublié la malette pleine de pognon qui aurait pu mettre du beurre, de la crème et des noisettes dans mes épinards. Il était tout mignon sur sa branche, et moi attendrie. Je me transformai soudain en guimauve.

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En guimauve ! Car oui la vraie richesse en ce bas monde, c'est l'amooooooûr... et il n'en manquait pas ici, puis que des coeurs étaient éparpillés un peu partout. Enfin il me manquait mon mari pour toujours, voyez, que je ne suis pas une épouse aussi ingrate que ça !

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Je continuais mon chemin, et je fis une pause eau. Il est important de s'hydrater régulièrement qu'ils disent. Je vis un chat, un chat tout mignon qui me faisait redevenir un peu guimauve. Il était peinard. N'en avait rien à foutre de moi et se complaisait au soleil.

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Un petit papillon me barrait la route. Il s'envola à l'approche de ma grosse godasse. Je tournai à gauche, ça sentait le chemin du retour.

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Des champs de lin ! Des champs de lin ! Des champs de lin ! J'avais pleuré misère quelques jours avant parce que j'avais raté la floraison de ceux de Panassac. J'étais arrivée après la bataille. J'avais longuement pesté intérieurement à cause de ça. Et là, vlà-t-y pas que j'en ai sur ma route. Tu la vois la malette avec un million d'euros là ? Elle est nase à côté de tout ça !

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Et au milieu de cette vague de bleu, une petit mare aux doux reflets ...

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Montaut-Les-Créneaux à l'horizon. Je commençais à transpirer, à beaucoup transpirer, le soleil s'était bien imposé depuis le début de l'aventure. Et il me tardait d'arriver à la voiture, en plus, malgré mes nombreuses pauses, j'étais dans les temps ! 

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 Un papillon ... une orchidée ? Une orchidée ! Je n'en avais pas vu une seule de la journée. Le pompom, la cerise sur le gâteau, le clou du spectacle, la valise à 1 million, le beurre dans les épinards, le chocolat dans le lait : un bel orchis bouc quoi ! Le bonheur, ça tient vraiment à rien parfois !

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Je rejoignais peu à peu le village longeant un... champ de blé magnifique ! Paysage de rêve, coquelicots, blondeur exquise, papillon intrigant, petit vent frais qui venait me rafraîchir, franchement, que de demander de plus ?

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Et Montaut, debout sur sa colline. Et moi, en extase. Et moi, bien-heureuse. Et moi  jubilant et marmonnant un truc du genre "PU****, c'est beau !". Notons que les jurons sont acceptables quand il s'agit de s'émerveiller.

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Je ne pus m'empêcher de regarder encore les coquelicots et le champ de blé. Je m'y perdais. Et quoi ? T'as jamais fait ça de ta vie ? Te laisser rêvasser en admirant un champ de blé avec des coquilicots ? Qu'attends-tu ? Y'a pas mieux pour kiffer la life ! Je te jure !

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Et moi, je te dis que ce matin du jeudi 11 juin, j'ai grave kiffé la life !

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